MISE À JOUR DE LA GRILLE DE COMPENSATION DES PAP : L’AGENCE GUINÉENNE D’ÉVALUATIONS ENVIRONNEMENTALES (AGEE) PRÉPARE UN CADRE D’INDEMNISATION ADAPTÉ AUX RÉALITÉS SOCIO-ÉCONOMIQUES ACTUELLES

Conakry, le 23 septembre 2026 – L’Agence Guinéenne d’Évaluations Environnementales (AGEE) a organisé, dans sa salle de réunion, une importante session de travail consacrée à la mise à jour de la grille de compensation des Personnes Affectées par les Projets (PAP). Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du renforcement des mécanismes de sauvegarde sociale et de l’amélioration des procédures de réinstallation appliquées aux projets de développement en République de Guinée.

Cette session a réuni les cadres de l’AGEE, les spécialistes des évaluations environnementales et sociales, les experts en réinstallation involontaire, les responsables du suivi-évaluation ainsi que les partenaires techniques impliqués dans la gestion des impacts sociaux des projets d’investissement.

UNE RÉVISION MOTIVÉE PAR L’ÉVOLUTION DU CONTEXTE SOCIO-ÉCONOMIQUE

L’objectif principal de la rencontre était d’engager une réflexion approfondie sur l’actualisation des barèmes de compensation actuellement utilisés dans les différents projets de développement.

Les participants ont souligné que les évolutions enregistrées ces dernières années au niveau des prix du foncier, des cultures agricoles, des arbres fruitiers, des infrastructures socio-économiques et du coût de la vie nécessitent une actualisation régulière des valeurs de référence servant au calcul des indemnisations.

Les échanges ont ainsi porté sur la nécessité de garantir aux populations affectées une compensation juste, équitable et conforme aux réalités économiques actuelles.

EXAMEN DES DIFFÉRENTES COMPOSANTES DE LA GRILLE

Au cours des travaux, les experts ont procédé à une revue détaillée des différentes rubriques composant la grille nationale de compensation.

Les discussions ont notamment concerné :

LES TERRES ET LES BIENS FONCIERS

Les participants ont examiné les modalités de compensation des terres agricoles, des terrains nus, des parcelles à usage d’habitation ainsi que des espaces utilisés à des fins commerciales ou communautaires.

L’objectif est de garantir que les valeurs retenues reflètent les réalités observées sur le terrain et permettent une indemnisation adéquate des personnes affectées.

Les cultures agricoles

Une attention particulière a été accordée à la valorisation des cultures annuelles et pérennes.

Les experts ont analysé :

  • Les rendements agricoles actuels ;
  • La valeur marchande des principales spéculations ;
  • Les pertes de revenus temporaires ou permanentes ;
  • Les coûts de reconstitution des moyens d’existence.

Les arbres fruitiers et forestiers

Les participants ont également examiné les modalités d’évaluation des arbres fruitiers, forestiers et autres ressources végétales susceptibles d’être affectés par la mise en œuvre des projets.

Les critères retenus ont porté notamment sur :

  • L’âge des arbres ;
  • Leur capacité de production ;
  • Leur valeur économique ;
  • Leur importance pour les moyens de subsistance des populations.

Les bâtiments et infrastructures

Les experts ont procédé à l’actualisation des coûts de remplacement des habitations, des bâtiments commerciaux, des clôtures, des puits, des infrastructures communautaires et des autres biens susceptibles d’être impactés.

Les discussions ont pris en compte l’évolution des prix des matériaux de construction et de la main-d’œuvre afin de garantir une compensation basée sur le coût intégral de remplacement.

Alignement avec les standards nationaux et internationaux

La réunion a également permis d’examiner la conformité de la future grille avec :

  • La législation guinéenne en matière d’expropriation et de réinstallation ;
  • Les standards environnementaux et sociaux des partenaires techniques et financiers ;
  • Les bonnes pratiques internationales en matière de réinstallation involontaire ;
  • Les principes de restauration des moyens de subsistance.

Les participants ont insisté sur l’importance de garantir que les compensations accordées aux PAP ne se limitent pas à l’indemnisation des biens perdus, mais contribuent également à la restauration durable de leurs conditions de vie.

Renforcement de l’équité sociale

Les échanges ont mis l’accent sur la nécessité d’intégrer davantage les catégories vulnérables dans les mécanismes de compensation.

Les participants ont recommandé une meilleure prise en compte :

  • Des femmes ;
  • Des personnes âgées ;
  • Des personnes vivant avec un handicap ;
  • Des ménages vulnérables ;
  • Des exploitants agricoles dépendant exclusivement des ressources affectées.

Cette approche vise à assurer une réinstallation plus inclusive et socialement responsable.

Perspectives et prochaines étapes

À l’issue des travaux, il a été convenu que les observations et propositions formulées par les différents experts seront consolidées dans une version révisée de la grille de compensation.

Cette nouvelle grille servira de référence pour les futures Études d’Impact Environnemental et Social (EIES), les Plans d’Action de Réinstallation (PAR) ainsi que les programmes de développement nécessitant l’acquisition de terres ou l’indemnisation de populations affectées.

Conclusion

Cette session de travail marque une étape importante dans le renforcement du dispositif national de gestion des impacts sociaux des projets de développement. À travers cette démarche, l’AGEE réaffirme son engagement à promouvoir des mécanismes de compensation justes, transparents et adaptés aux réalités socio-économiques du pays.

L’actualisation de la grille de compensation des PAP contribuera à améliorer la protection des droits des populations affectées et à renforcer l’acceptabilité sociale des projets de développement en Guinée.

Service Communication
Agence Guinéenne d’Évaluations Environnementales (AGEE)

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